Quand ils étaient encore petits ....
Je me souviens d'eux encore tout petits, de leurs rires, de leurs sourires, de leurs petites mains,de leurs petits chagrins .... et de nos grands câlins....
Seulement aujourd'hui à presque 9 et 10 ans, ils ont bien changés mes "bébés" : ils sont beaux, ils sont grands, et je pose toujours sur eux un regard rempli de fierté mais je ne les reconnais plus ...
Où est passé cette complicité que j'avais avec Mathis : nous n'avions même pas besoin de nous parler pour nous comprendre, nous étions perpétuellement collés à l'autre jusqu'à son entrée à l'école l'année de ses trois ans.
Puis mon Luguy qui était et sera toujours ma fierté d'être mon premier, celui qui m'a offert le bonheur d'être maman, celui qui s'est effacé pour laisser une place à son frère (qui avait très vite décidé de pointer le bout de son nez) ... en sacrifiant la sienne d'être le seul et unique amour de ses parents.
J'ai toujours clamé haut et fort qu'ils devraient être gentils, polis, et qu'ils le resteraient et qu'ils ne ressembleraient jamais à ces enfants grossiers et "mal élevés" que l'on croisait parfois.
Cependant même si on ne sait jamais plaint de leur comportement à l'extérieur (il paraît que c'est mieux comme cela, à moins que les gens ne soient pas francs avec moi de peur de me faire de la peine), ils sont bien loin de ressembler à ce à que je m'étais projeté.
Je sais bien que l'on ne peut pas façonner un enfant et qu'il faut bien mieux qu'il ait du caractère, mais je n'aurais jamais imaginé de tels grossièretés dans leurs paroles, dans leurs échanges et cela me touche au plus profond de moi.
Je mentirais en disant que je ne dis jamais de mots déplacés, car avec mes réactions impulsives de peur ou bien de colère, je laisse parfois échapper certains noms d'oiseaux comme le faisait aussi mon père lorsqu'il se mettait facilement en colère pour n'importe quoi (il jurait tout ce qu'il pouvait et nous n'avions juste à attendre que cela passe) mais s'il n'en était pas pour autant agressif avec nous.
Je pense d'ailleurs que je suis un peu comme lui : quand quelque chose m'échappe ou bien que je ne contrôle plus une situation je me mets dans des colères pas possibles et j'explose !!!
Peut-être qu'effectivement je suis souvent sur les nerfs et que je ne prends plus le temps d'être proche de mes "grands", de leur faire des câlins.
Ou bien c'est autre chose, peut-être que bien malgré moi j'ai mis une limite à mes démonstrations affectives, car je ne veux surtout pas les "garder" pour moi, à les surprotéger, et les inonder de câlins en les mettant mal à l'aise devant leurs copains.
Mais je réalise qu'il y a déjà plusieurs semaines déjà qu'aucun de mes grands n'est venu se mettre sur mes genoux comme ils aimaient encore le faire pour garder ce lien.
Pourtant je vois souvent Mathis être poche de notre entourage en "demandant" des câlins.
Mais je me dis quand même que du fait qu'ils doivent partager la même chambre tous les trois, on ne peut pas leur consacrer du temps "individuel" chaque soir, et que quand ils auront enfin chacun leur "territoire" je prendrais plus le temps d'être avec un seul à la fois.
Et peut-être que je retrouverais cette complicité que j'avais avec eux et que j'exprime si facilement avec mon petiot, que je couvre de câlins et de bisous continuellement (comme je le faisais aussi avec mes grands)
A moins que tout cela provienne de mon histoire, qui fait qu'à leur âge je n'étais pas bien, et que c'est extrêmement difficile pour moi d'être proche d'eux.
Que ces sentiments là sont source de douleur et de peur, et que je les aime tellement que je ne voudrais surtout pas leur imposer cela.
Alors j'espère que tout ceci n'est qu'un mauvais moment à passer et qu'ils ne sont pas déjà rentrés dans la pré-adolescence car j'en ai marre de ces perpétuelles disputes, entre eux, avec moi, avec leur papa et même avec leur petit frère qui ne se laisse pas du tout faire.
Nous passons notre temps à nous disputer, à crier et n'utilisons même plus notre énergie pour jouer ou bien tout simplement parler.
Alors j'espère du plus profond de mon coeur de maman de recréer ce lien que j'avais avec eux quand ils étaient encore petits.

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