Ce corps ....
.... que je ne reconnais plus, qui a tant changé ....
Mais qui est le mien malgré les 11 kilos en moins aujourd'hui ....
Ce corps qui me rappelle ma plus grande souffrance, celle de mon enfance ....
Ce corps, touché, sali, abusé ...
Ce corps qui ne voulait plus "grandir" , qui n'avait plus le goût de "vivre", pour ne plus changer et disparaître comme tout la saleté qui l'avait consumé.
Entre 7 et 10 ans j'étais de "constitution très menue", je ne mangeais presque pas.
Puis à 11 an, j'ai enfin décidé de "m"épanouir" : j'ai pris 15 cm et 10 kilos (ou bien le contraire).
C'était fini, mon corps "m'appartenait" à nouveau.
De maigrir ces derniers temps me rappelait trop de souffrances, celles de mon enfance, que j'aurais aimé oublier mais qui sont revenues.
Car pour la deuxième fois je réalisais que j'étais sous l'emprise de quelqu'un, par amour ....
J'étais à nouveau une victime. Et j'ai recommencé la même chose : j'ai supporté, je n'ai rien dit, j'ai subi, parce que je croyais que je lui devais, quitte à m'oublier complètement.
Mais mon corps lui a parlé.
Et aujourd'hui il a énormément changé : il a porté et nourri trois enfants et ses stigmates sont bien là pour le rappeler.
Ma poitrine (ma plus grande féminité) a complètement disparu, me donne une impression d'avoir été comme "mutilée".
Et sans poitrine j'étais redevenu une "petite fille".
Mais aujourd'hui je suis bien une femme même "enfant" et qui a 34 ans et non plus 7 ans.
Et ma féminité est bien au delà d'un tour de poitrine ou bien d'un nombre de kilos.
Je me sens totalement femme et mon extrême sensualité est bien là pour me le rappeler.
Je suis à nouveau "très mince" (comme ma grand mère paternelle que j'aime tant) et qui comme moi s'est toujours battu malgré sa constitution "menue" et dont j'aimerais tant pouvoir encore me rapprocher malgré sa maladie qui nous "l'a pris" ainsi que tout ses souvenirs.
Je crois qu'elle a toujours été mon modèle : elle, maman de garçons, toujours coquette et qui s'est vouée corps et âme à son mari et à ses enfants et petits-enfants.
Et puis elle a toujours été forte et elle me le rappelle aujourd'hui avec ses 97 ans : forte mentalement et forte physiquement (malgré ses 1m 50 et ses à peine 50 kilos).
Alors je n'ai plus envie de m'arrêter à des "t'as vraiment maigri, t'es trop maigre, tu n'as vraiment pas de poitrine, je n'aime pas tes grains de beauté, ton nombril est vraiment raté."
Mais je préfère entendre : comme tu es mince, comme tu es belle ....
Et puis je ne me suis jamais sentie aussi bien physiquement et mentalement avec cette taille 36 qui me correspond vraiment, moi la femme-enfant et que je compte bien restée en attendant le "prince charmant". (Désolée là c'est la princesse qui parle !!!! Rires)
Celui qui m'acceptera VRAIMENT avec toutes mes qualités et mes défauts et qui ne me verra qu'à travers son regard amoureux ....
Parce que j'ai complètement oublié ma pudeur et que c'est la première fois que je ne me suis absolument pas sentie gênée de me montrer en bikini à la piscine.
Parce que vous savez quoi ???? Je crois que je suis enfin en train de m'accepter et je crois même que je commence à m'aimer.
(Alors promis j'essaye d'arrêter de maigrir parce qu'à un moment c'est vraiment trop même si c'est complètement indépendant de ma volonté, mais je pense que plus jamais je ne pourrais regrossir .. ... malgré toutes les cochonneries qu'il m'arrive encore parfois d'engloutir)