Huit jours par mois ....
... dont trois où je ne suis presque pas avec eux ....
Parce que je travaille deux mercredi sur trois et que je ne les vois presque pas dans ces cas-là ...
Seulement deux week-end par mois ...
Seulement un vendredi sur deux où je peux les récupérer à l'école ....
Seulement un mardi sur deux ....
J'ai découvert pour la première fois le porte manteau de Kélian de l'école il y a seulement dix jours.
Je n'ai pas été au courant pour la réunion de rentrée de Kélian, ni pour celle de Mathis (Alors que j'avais clairement spécifié que je n'aurais pas l'information si ils ne me me prévenaient pas directement).
Je me sens comme dépossédée ....
De mon rôle de mère ...
Je dois à chaque fois me justifier, revendiquer mon autorité parentale, me battre pour exister ...
Je ne connais plus les rythmes scolaires, je ne sais plus du tout ce que c'est de les accompagner ....
De les préparer, de les emmener à l'école, de leur souhaiter une bonne journée.
J'ai l'impression de vivre ma vie en parallèle de la leur ....
Parfois je me mens pour occulter la douleur ....
Pourtant elle revient ... souvent ....
Quand le manque se fait trop cruel ....
Et que je n'ai que l'odeur d'un doudou, d'un oreiller, pour m'apaiser ....
On m'a "enlevé" "mes bébés" ...
Eux que j'ai élevé chaque jour pendant près de 11 ans.
Et même la grande compassion à mon égard me bouleverse ...
Elle me touche, me rassure, me destabilise ....
Parce que je me sens épaulée ....
Mais ô combien seule face à la réalité ....
Alors quand ils ont là, près de moi, je me surprends à m'arrêter ... pour les regarder ... pour réaliser qu'ils sont là ....
Tous les trois dans le canapé ....
Je les regarde et je souris ....
Je suis heureuse quand je suis avec "mes petits" ....